Acheter une voiture d’occasion : les 20 pièges à éviter en 2026

En bref : Acheter une voiture d'occasion sans se faire piéger

  • En 2025, 1 véhicule d'occasion sur 5 vendu entre particuliers présentait un vice caché selon la DGCCRF
  • Le compteur kilométrique est trafiqué sur environ 5 à 12 % des véhicules revendus en France (source : Carvertical)
  • Les arnaques en ligne aux fausses annonces ont bondi de +37 % entre 2023 et 2025
  • Un contrôle technique vierge ne garantit pas l'état mécanique réel du véhicule
  • Cette checklist de 20 points de vérification couvre les pièges les plus fréquents que je rencontre en atelier

En 18 ans d'atelier chez Renault à Beauvais, j'ai vu défiler des centaines de clients dépités, venus faire diagnostiquer une voiture d'occasion achetée quelques jours plus tôt. Moteur qui fume au bout de 200 km, boîte de vitesses qui craque, historique d'entretien inventé de toutes pièces. Quand on veut acheter une voiture d'occasion, les pièges sont partout, et les vendeurs peu scrupuleux ont toujours un coup d'avance sur les acheteurs mal préparés. Cet article recense les 20 pièges les plus courants que j'ai constatés, avec à chaque fois la méthode concrète pour les détecter avant de signer. Pas de théorie creuse : que du vécu d'atelier et des vérifications applicables immédiatement.

Consultation d'une annonce de voiture d'occasion en ligne avec un prix anormalement bas
Sur le parc occasion de Beauvais, j'ai appris une règle d'or : ce qui brille en surface cache souvent un historique que le vendeur préfère taire.

Pièges liés aux documents et à l'administratif

Avant même de regarder sous le capot, c'est la paperasse qui trahit les arnaques les plus graves. J'ai vu des clients acheter un véhicule dont la carte grise ne correspondait pas au vendeur, ce qui rend la transaction nulle et le recours quasi impossible.

Piège n°1 : un certificat de cession incomplet ou absent

Le certificat de cession (Cerfa 15776) doit être rempli en trois exemplaires et signé par les deux parties. Sans ce document, vous n'avez aucune preuve légale de la vente. J'ai eu un client qui a racheté un Scénic sur un parking de supermarché : pas de cerfa, pas de recours quand le moteur a lâché quinze jours plus tard. Vérifiez systématiquement que le nom sur la carte grise correspond à la pièce d'identité du vendeur. En cas de vente par un mandataire, exigez le mandat de vente écrit.

Piège n°2 : un certificat de non-gage positif

Le certificat de situation administrative (ex "non-gage") est gratuit et disponible sur le site service-public.fr. S'il révèle un gage ou une opposition, la préfecture refusera le changement de carte grise et vous resterez avec un véhicule inutilisable. J'insiste : téléchargez-le vous-même, ne vous fiez jamais à une copie fournie par le vendeur.

Piège n°3 : une carte grise barrée de manière suspecte

La carte grise doit être barrée avec la mention "vendu le" ou "cédé le", suivie de la date et de l'heure. Si le vendeur vous présente une carte grise déjà barrée au nom d'un précédent propriétaire, c'est le signe d'une vente en cascade non déclarée. Ce procédé permet d'échapper aux obligations légales. Fuyez.

Attention

Attention : depuis 2024, les démarches de carte grise se font exclusivement en ligne sur le site de l'ANTS ou via un prestataire agréé. Un vendeur qui vous propose de "s'en occuper" à votre place cherche peut-être à masquer un problème administratif.

Arnaques sur les annonces en ligne

Les plateformes d'annonces sont devenues le terrain de chasse favori des escrocs. Selon le ministère de l'Intérieur, les arnaques aux fausses annonces automobiles ont augmenté de 37 % entre 2023 et 2025. Voici les schémas que je vois revenir le plus souvent quand mes clients me racontent leur mésaventure.

Piège n°4 : le prix anormalement bas

Un prix inférieur de 20 à 30 % à la cote Argus doit déclencher un signal d'alerte. Les motifs classiques invoqués par les vendeurs ("je déménage à l'étranger", "divorce, je dois vendre vite") sont les prétextes les plus recyclés des escrocs. Consultez toujours la cote de référence sur plusieurs sources (Argus, La Centrale, AutoScout24) avant de contacter un vendeur.

Piège n°5 : le paiement avant la visite

Aucun vendeur légitime ne vous demandera un virement ou un mandat cash avant que vous n'ayez vu le véhicule. Les arnaques au faux tiers de confiance ("le véhicule est en dépôt chez un transporteur") restent fréquentes. Règle absolue : jamais d'argent avant d'avoir vu, touché et essayé la voiture.

Piège n°6 : les photos génériques ou volées

Faites un clic droit sur les photos de l'annonce et lancez une recherche d'image inversée sur Google. Si la même photo apparaît sur d'autres annonces ou d'autres sites, c'est une copie. Demandez systématiquement des photos supplémentaires avec un détail identifiable (un journal du jour posé sur le tableau de bord, par exemple).

Courroie de distribution usée présentant des micro-fissures inspectée par un mécanicien
Les arnaques en ligne exploitent un biais simple : quand le prix semble trop attractif, l'acheteur veut y croire et baisse sa garde.

Pièges mécaniques et carrosserie

C'est dans ce domaine que mon expérience d'atelier parle le plus. Les maquillages mécaniques sont devenus sophistiqués, mais ils laissent toujours des traces quand on sait où chercher.

Piège n°7 : un moteur trop propre

Un bloc moteur étincelant sur un véhicule de 8 ans et 120 000 km, c'est suspect. Le nettoyage haute pression du compartiment moteur sert souvent à masquer des fuites d'huile ou de liquide de refroidissement. Passez un doigt sous les durites, autour du joint de culasse et au bas du bloc. La moindre trace grasse ou suintement trahit le maquillage. Pour approfondir, je vous recommande de lire mon guide sur la vidange et le choix d'huile qui vous aidera à évaluer l'état du lubrifiant.

Piège n°8 : des bruits masqués par l'autoradio

J'ai perdu le compte des vendeurs qui montent le volume de la radio avant l'essai. Premier réflexe : coupez la radio et la climatisation, baissez toutes les vitres. Écoutez le moteur au ralenti, puis en accélération franche. Un claquement en haut du moteur à froid indique souvent une chaîne de distribution fatiguée. Un sifflement sous charge peut révéler un turbo en fin de vie.

Piège n°9 : une carrosserie repeinte pour masquer un choc

Munissez-vous d'un testeur d'épaisseur de peinture (disponible pour 30 à 50 euros). Les écarts d'épaisseur entre panneaux trahissent une reprise de peinture après accident. Vérifiez aussi l'alignement des ouvrants : des jeux inégaux entre portes, capot ou coffre indiquent un choc structurel. Regardez les vis de fixation des ailes et du capot : si elles montrent des traces d'outil, le panneau a été démonté.

Piège n°10 : des pneumatiques dépareillés

Quatre pneus de marques ou dimensions différentes révèlent un entretien négligé, voire un véhicule accidenté dont on a remplacé les roues au rabais. Au-delà du témoin d'usure, vérifiez la date de fabrication (code DOT sur le flanc). Un pneu de plus de cinq ans est potentiellement dangereux, même avec une bande de roulement correcte. Consultez mon article sur les pneus et la loi Montagne 2026 pour vérifier la conformité.

Conseil de mécanicien

Emportez toujours une lampe torche, un aimant (pour détecter le mastic de carrosserie), un sopalin blanc (pour vérifier la couleur de l'huile sur la jauge) et un testeur d'épaisseur de peinture. Ces quatre outils coûtent moins de 80 euros et vous éviteront des milliers d'euros de mauvaises surprises.

Piège n°11 : un embrayage en fin de vie

Sur une boîte manuelle, testez l'embrayage en démarrant en troisième sur du plat. Si le moteur prend ses tours sans que la voiture n'avance franchement, le disque d'embrayage patine. Le remplacement coûte entre 600 et 1 500 euros selon le modèle. C'est un des postes de dépense que les vendeurs oublient volontairement de mentionner.

Piège n°12 : la distribution non remplacée

Sur un moteur à courroie de distribution, demandez la facture de remplacement. La plupart des constructeurs préconisent un changement tous les 100 000 à 120 000 km ou tous les 5 ans. Une courroie de distribution cassée, c'est un moteur détruit. Coût du remplacement préventif : 400 à 900 euros. Coût d'un moteur détruit : 3 000 à 6 000 euros. Le calcul est vite fait. Pour connaître les intervalles précis, référez-vous au guide complet de la révision automobile.

Centre de contrôle technique avec un véhicule sur le pont élévateur lors de l'inspection
Une courroie de distribution vieillie montre des micro-fissures sur ses flancs : c'est le signe qu'elle peut lâcher à tout moment.

Piège mécaniqueComment le détecterCoût de réparation estiméNiveau de gravité
Moteur nettoyé pour masquer des fuitesTraces grasses sous durites et joint de culasse500 à 3 000 €Élevé
Embrayage uséTest de démarrage en 3e, patinage600 à 1 500 €Moyen
Distribution non remplacéeAbsence de facture, kilométrage élevé400 à 900 € (préventif) / 3 000 à 6 000 € (casse)Critique
Carrosserie repeinte (choc)Testeur d'épaisseur, alignement ouvrants2 000 à 8 000 €Élevé
Pneus dépareillés ou âgésCode DOT, marques différentes300 à 800 € (4 pneus)Moyen
Turbo sifflantSifflement sous charge, fumée bleue1 500 à 3 500 €Élevé
Boîte auto qui brouteÀ-coups au passage des rapports2 000 à 5 000 €Élevé
Amortisseurs HSTest de rebond, usure pneus irrégulière600 à 1 200 €Moyen
Freins usés au maximumÉpaisseur disques, témoin plaquettes200 à 800 €Moyen
Catalyseur ou FAP encrasséFumée épaisse, voyant moteur800 à 2 500 €Élevé

Les 20 points de vérification avant d'acheter une occasion
Les 20 points de vérification avant d'acheter une occasion

Le compteur kilométrique trafiqué

C'est le piège le plus ancien et pourtant le plus persistant. Selon une étude Carvertical de 2024, entre 5 et 12 % des véhicules d'occasion vendus en France affichent un kilométrage falsifié. Sur certains marchés d'importation (Allemagne, Belgique), ce taux grimpe jusqu'à 30 %.

Piège n°13 : le compteur rembobiné

Les outils de reprogrammation OBD coûtent moins de 100 euros sur internet. Modifier un compteur numérique prend moins de cinq minutes. Pour vous protéger, croisez systématiquement le kilométrage affiché avec :

  • Les factures d'entretien (kilométrage noté à chaque intervention)
  • Le carnet d'entretien tamponné
  • Les rapports de contrôle technique successifs (le kilométrage y figure obligatoirement)
  • L'historique via le numéro VIN sur des plateformes comme Histovec (service gratuit de l'État) ou Carvertical

J'ai vu un Peugeot 308 affiché à 87 000 km dont le dernier contrôle technique, deux ans plus tôt, mentionnait déjà 142 000 km. Le vendeur n'avait même pas pris la peine de vérifier la cohérence. Utilisez Histovec, le service gratuit du ministère de l'Intérieur, pour vérifier l'historique administratif du véhicule.

Piège n°14 : le véhicule importé au kilométrage invérifiable

Les voitures importées d'Allemagne ou de Belgique sont particulièrement exposées. Le passage de frontière casse la traçabilité du kilométrage. Exigez l'historique d'entretien du pays d'origine et vérifiez le VIN sur les bases de données européennes. Un véhicule importé sans aucun historique vérifiable doit être considéré comme suspect.

Outil gratuit : Calculateur de coût total d'un véhicule pour estimer le budget réel au-delà du prix d'achat.

Le contrôle technique, ce faux ami

Beaucoup d'acheteurs pensent qu'un contrôle technique favorable garantit l'état du véhicule. En 18 ans de métier, je peux vous affirmer que c'est l'une des idées reçues les plus dangereuses du marché de l'occasion.

Piège n°15 : un contrôle technique vierge mais trompeur

Le contrôle technique vérifie environ 130 points, mais il ne démonte rien. Il ne mesure ni la compression moteur, ni l'état interne de la boîte de vitesses, ni l'usure de l'embrayage, ni l'état de la distribution. Un véhicule peut obtenir un résultat favorable tout en ayant un moteur en fin de vie. Pour comprendre en détail ce que vérifie (et ne vérifie pas) le CT, consultez le guide complet du contrôle technique 2026.

Piège n°16 : le faux contrôle technique

Oui, ça existe. Des procès-verbaux falsifiés circulent, avec de faux tampons et de faux numéros d'agrément. Vérifiez l'authenticité en contactant directement le centre de contrôle mentionné sur le document. Le numéro de téléphone doit correspondre à celui affiché sur les Pages Jaunes ou le site du centre, pas à celui écrit sur le PV. Le comparatif des prix du CT par département vous donne aussi les coordonnées des centres agréés.

Essai routier d'une voiture d'occasion sur une route départementale française
Un contrôle technique ne démonte rien : il ne peut pas voir un embrayage usé à 90 % ou une distribution sur le point de lâcher.

Pièges financiers et erreurs de négociation

Même quand le véhicule est sain, les pièges financiers peuvent transformer une bonne affaire en gouffre. J'ai vu des acheteurs perdre autant d'argent dans le montage financier que dans un vice caché.

Piège n°17 : le crédit ballon chez un marchand

Certains marchands proposent des financements à mensualités basses avec une dernière échéance ballon représentant 30 à 50 % du prix du véhicule. Le coût total du crédit explose. Calculez toujours le montant total remboursé avant de signer. Comparez avec un prêt personnel classique auprès de votre banque. Pour mieux comprendre les options de financement, lisez le comparatif LOA/LLD 2026.

Piège n°18 : oublier le coût total de possession

Le prix d'achat ne représente qu'une fraction du budget réel d'une voiture. Assurance, carburant, entretien, décote, péage ZFE : en moyenne, un véhicule d'occasion coûte entre 3 000 et 6 000 euros par an en frais annexes. J'ai rédigé un article complet sur le budget réel d'une voiture en 2026 qui détaille chaque poste. Vérifiez aussi si le véhicule est compatible avec les ZFE de votre ville pour éviter une mauvaise surprise.

Poste de dépense annuelCitadine essenceBerline dieselSUV hybrideÉlectrique
Assurance (tous risques)650 €750 €900 €850 €
Carburant / Énergie (15 000 km/an)1 600 €1 200 €1 000 €450 €
Entretien courant500 €600 €550 €250 €
Contrôle technique (annualisé)40 €40 €40 €40 €
Décote annuelle moyenne1 200 €1 500 €2 000 €2 500 €
Pneus (annualisé)150 €180 €220 €200 €
Total annuel estimé4 140 €4 270 €4 710 €4 290 €

Essai routier : les erreurs qui coûtent cher

L'essai routier est le moment de vérité. C'est là que 80 % des problèmes mécaniques se révèlent, à condition de savoir quoi chercher. Trop d'acheteurs se contentent d'un tour du pâté de maisons à 30 km/h. C'est exactement ce que le vendeur espère.

Piège n°19 : un essai trop court ou trop timide

Un essai doit durer au minimum 20 à 30 minutes et inclure tous les types de conduite : ville, route, si possible un passage sur autoroute. Testez les accélérations franches, les freinages appuyés, les manœuvres en marche arrière. Montez le régime moteur jusqu'à la zone rouge (brièvement) pour vérifier qu'il ne fume pas et que la puissance est linéaire. Vérifiez le comportement à froid : c'est au démarrage que les problèmes de distribution, de turbo et d'embrayage se manifestent le plus.

Pendant l'essai, testez systématiquement tous les équipements : climatisation (vérifiez qu'elle souffle froid, une recharge coûte 60 à 150 euros, un compresseur HS peut dépasser 800 euros ; consultez le guide de la climatisation auto), vitres électriques, sièges chauffants, GPS, caméra de recul, régulateur de vitesse. Chaque équipement en panne est un argument de négociation, ou un signe de négligence générale.

Piège n°20 : acheter sans faire inspecter par un professionnel

C'est le conseil le plus important de cet article. Pour 100 à 200 euros, un mécanicien indépendant réalise un diagnostic complet : compression moteur, lecture des codes défaut via la prise OBD, vérification de la géométrie, état des freins, test de la batterie. Ce diagnostic peut vous éviter une dépense de plusieurs milliers d'euros. Si le vendeur refuse que vous fassiez inspecter le véhicule par un tiers, c'est un signal d'alarme majeur. Pour connaître le coût d'un tel diagnostic, consultez l'estimateur de prix de révision.

Documents administratifs organisés sur une table pour la vérification avant achat d'occasion
Vingt minutes d'essai routier en variant les allures valent mieux que toutes les promesses du vendeur.

Conseil de mécanicien

Avant l'essai, posez votre main sur le capot. S'il est chaud alors que le vendeur prétend ne pas avoir roulé, c'est que le moteur a été préchauffé pour masquer un problème de démarrage à froid. Ce geste simple m'a évité bien des mauvaises surprises à l'atelier.

Pièges spécifiques aux véhicules électriques et hybrides

Le marché de l'occasion électrique et hybride explose en 2026, et avec lui de nouveaux pièges apparaissent. La batterie de traction est le composant le plus coûteux du véhicule, et son état ne se voit pas à l'œil nu.

Sur un véhicule électrique d'occasion, exigez un rapport de diagnostic batterie (State of Health, ou SoH). Une batterie à 80 % de capacité résiduelle est acceptable, en dessous de 70 %, l'autonomie réelle devient problématique et le remplacement coûte entre 5 000 et 15 000 euros selon le modèle. Vérifiez aussi la garantie constructeur sur la batterie : la plupart des constructeurs offrent 8 ans ou 160 000 km. Pour un guide complet, j'ai rédigé un article dédié à l'achat d'une voiture électrique d'occasion.

Sur un hybride, les pièges combinent ceux du thermique et de l'électrique. Vérifiez que le mode électrique fonctionne réellement (certains vendeurs débranchent la batterie auxiliaire pour masquer un défaut) et que les transitions entre les modes thermique et électrique se font sans à-coup. Un hybride qui ne roule jamais en mode électrique est un hybride dont la batterie est morte. Consultez le vrai coût d'entretien d'un véhicule électrique pour anticiper votre budget.

Outil gratuit : Comparateur thermique vs électrique pour calculer le coût réel sur 5 ans selon votre usage.

Checklist interactive de vérification avant achat

J'ai compilé les 20 points de vérification essentiels dans cette checklist interactive. Cochez chaque point lors de votre visite. Si plus de 3 points restent non cochés ou échouent, je vous conseille de passer votre chemin.


Recours en cas de vice caché

Malgré toutes les précautions, il arrive qu'un vice caché passe entre les mailles du filet. La loi française protège l'acheteur, mais encore faut-il connaître ses droits et agir vite.

L'article 1641 du Code civil prévoit la garantie des vices cachés : le vendeur est tenu de reprendre le véhicule ou de réduire le prix si un défaut grave, antérieur à la vente et non apparent, rend le véhicule impropre à son usage. Vous disposez de deux ans à compter de la découverte du vice pour agir (article 1648 du Code civil, consultable sur Legifrance).

En pratique, voici la marche à suivre :

  1. Faites constater le défaut par un expert automobile agréé (coût : 200 à 400 euros)
  2. Envoyez une mise en demeure au vendeur par lettre recommandée avec accusé de réception
  3. Si le vendeur refuse, saisissez le tribunal judiciaire (ou le juge de proximité pour les litiges inférieurs à 5 000 euros)
  4. Conservez toutes les preuves : annonce, échanges de messages, certificat de cession, rapport d'expertise

Un point important : la garantie des vices cachés s'applique aussi entre particuliers. L'argument "vendu en l'état" figurant parfois sur les annonces n'a aucune valeur juridique face à un vice caché avéré. J'ai vu des clients obtenir le remboursement intégral de véhicules vendus "sans garantie" grâce à un rapport d'expertise solide. Pour en savoir plus sur ce que vérifie un expert, consultez l'article sur les causes du voyant moteur qui détaille les diagnostics électroniques.

Attention

Attention : ne faites jamais réparer le véhicule avant d'avoir obtenu le rapport d'expertise. Une réparation prématurée peut compromettre la preuve du vice caché et affaiblir considérablement votre dossier juridique.

Conserver chaque facture, chaque message, chaque photo : en cas de litige pour vice caché, c'est la preuve documentée qui fait gagner le dossier.

Questions fréquentes

Comment vérifier gratuitement l'historique d'un véhicule d'occasion ?

Le service Histovec, mis en place par le ministère de l'Intérieur, permet de consulter gratuitement l'historique administratif d'un véhicule à partir de son numéro d'immatriculation et du numéro VIN. Vous y trouverez la date de première mise en circulation, les changements de propriétaire, le kilométrage relevé lors des contrôles techniques, et d'éventuelles procédures administratives (vol, gage, opposition). C'est le premier réflexe à avoir avant toute visite. Complétez cette vérification en demandant au vendeur les factures d'entretien et le carnet d'entretien tamponné.

Un particulier peut-il vendre une voiture "en l'état" sans garantie ?

La mention "vendu en l'état" que l'on voit parfois sur les annonces entre particuliers n'a aucune valeur juridique en France. Même entre particuliers, la garantie légale des vices cachés s'applique. Si un défaut grave, non visible lors de l'achat et antérieur à la vente, est découvert, l'acheteur dispose de deux ans pour engager une action en justice. Le vendeur peut être contraint de rembourser tout ou partie du prix de vente. La seule condition est de prouver que le vice existait avant la transaction, d'où l'importance de faire établir un rapport d'expertise rapidement.

Combien coûte une inspection pré-achat par un mécanicien ?

Le tarif d'une inspection pré-achat varie selon les garages, mais comptez entre 100 et 200 euros pour un diagnostic complet. Ce diagnostic inclut généralement la lecture des codes défaut via la prise OBD, la vérification des niveaux et de l'état des fluides, le contrôle visuel du moteur et du dessous de caisse, le test des freins et de la suspension, ainsi que la mesure de l'épaisseur de peinture. C'est un investissement dérisoire comparé au prix d'une réparation majeure non anticipée. Certains réseaux comme Dekra ou Autosur proposent aussi des inspections dédiées à l'achat d'occasion.

Comment reconnaître un compteur kilométrique trafiqué ?

Plusieurs indices doivent vous alerter. Comparez le kilométrage affiché avec celui noté sur les rapports de contrôle technique successifs et sur les factures d'entretien. Vérifiez la cohérence avec l'usure visible du véhicule : un volant lisse, des pédales usées et un siège conducteur affaissé sur un véhicule affiché à 60 000 km sont des signaux d'alerte évidents. Consultez le service gratuit Histovec pour obtenir l'historique administratif. Enfin, un diagnostic OBD chez un mécanicien peut parfois révéler des incohérences dans les données enregistrées par le calculateur moteur, qui conserve des compteurs internes indépendants du compteur au tableau de bord.

Quels sont les recours si je découvre un vice caché après l'achat ?

Vous disposez de deux ans à compter de la découverte du vice pour agir. La première étape est de faire constater le défaut par un expert automobile agréé, dont le rapport servira de preuve. Ensuite, envoyez une mise en demeure au vendeur par lettre recommandée. Si le vendeur refuse de coopérer, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire. Deux options s'offrent à vous : l'action rédhibitoire (annulation de la vente et remboursement intégral) ou l'action estimatoire (réduction du prix proportionnelle au défaut). Les frais d'expertise et d'avocat peuvent être mis à la charge du vendeur si vous obtenez gain de cause. Pour les litiges inférieurs à 5 000 euros, la procédure simplifiée devant le juge de proximité est accessible sans avocat obligatoire.

Faut-il privilégier l'achat chez un professionnel ou entre particuliers ?

Chaque canal a ses avantages et ses risques. Chez un professionnel, vous bénéficiez de la garantie légale de conformité de 12 mois minimum (24 mois si le contrat le prévoit), ce qui offre une protection juridique renforcée. En revanche, les prix sont généralement plus élevés de 10 à 20 %. Entre particuliers, les prix sont plus attractifs mais la seule protection légale est la garantie des vices cachés, plus difficile à faire valoir. Mon conseil : si vous n'êtes pas un minimum connaisseur en mécanique et que vous n'avez pas de mécanicien de confiance pour une inspection pré-achat, orientez-vous vers un professionnel reconnu. La marge supplémentaire payée est souvent le prix de la tranquillité.

Quels documents exiger lors de l'achat d'une voiture d'occasion ?

La liste est précise et non négociable. Vous devez obtenir : la carte grise originale au nom du vendeur (barrée et signée avec la mention "vendu le" suivie de la date et de l'heure), le certificat de cession en trois exemplaires (Cerfa 15776), un contrôle technique de moins de six mois (pour les véhicules de plus de quatre ans), le certificat de situation administrative de moins de 15 jours, un justificatif d'identité du vendeur. À cela s'ajoutent les documents facultatifs mais fortement recommandés : le carnet d'entretien, les factures de réparations et d'entretien, le double des clés, les manuels d'utilisation. L'absence de l'un des documents obligatoires doit vous faire renoncer à l'achat.

Thomas Garnier
Thomas Garnier

Thomas Garnier est mécanicien automobile avec 18 ans d'expérience en concession multimarques. Sur Auto Max, il partage ses diagnostics, ses essais et ses conseils d'entretien sans filtre commercial.